Nous sommes tunisiens, nous sommes la démocratie 1


Tout le monde s’accorde pour dire que la Tunisie est le seul pays sorti la tête haute du « Printemps arabe ». En témoigne l’élection présidentielle démocratique et libre de 2014, remportée par Béji Caïd Essebsi, devant le président sortant Moncef Marzouki. Mais comment peut-on expliquer cette dernière attaque contre le musée du Bardo ? Est-ce que la transition démocratique dans ce pays est vraiment en danger ?

Crédit photo : rtci.tn

La Tunisie a opté pour la démocratie, la liberté et l’unité, en votant en 2014 le parti Nidaa Tounès, prônant un islam modéré. Et bien entendu, l’unité est la bête noire des terroristes, des barbares et compagnie. Rached Ghannouchi, le leader d’Ennahdha, a compris le jeu des terroristes derrière l’attaque contre le musée du Bardo : semer la zizanie entre les Tunisiens et entraver l’icône des révolutions du « Printemps arabe », la révolution historique du peuple tunisien. C’est pourquoi le parti islamiste Ennahdha a appelé les Tunisiens, dans un communiqué publié sur la page Facebook officielle du parti, « à être résolus et vigilants pour soutenir l’unité nationale et à se mobiliser, ensemble, avec les forces de sécurité et militaires contre ce fléau (le terrorisme) qui n’a pas d’avenir en Tunisie. »

Certes, la Tunisie a été la cible d’attentats terroristes depuis la révolution de 2010. Mais aucune opération terroriste n’a pas fait autant de victimes comme celle du 18 mars 2015. En effet, le bilan de l’attaque contre le musée du Bardo est très lourd : 22 morts, dont 20 touristes, et 42 blessés. Et sur les réseaux sociaux, l’assaut donné par les forces spéciales n’a pas fait l’unanimité des blogueurs et activistes tunisiens. La blogueuse Amira Yahyaoui fait partie de ces Tunisiens qui ont critiqué la soi-disant « opération réussie » de la police que vantaient certains de ses compatriotes.

L’attaque du musée de Bardo, l’un des grands sites touristiques les plus visités en Tunisie, n’est pas un acte anodin. Les terroristes visaient les secteurs de l’économie et du tourisme, pour reprendre les termes du chef du gouvernement tunisien, Habib Essid. Et il parait qu’ils ont réussi dans la mesure où la Bourse de Tunis a chuté juste après l’opération terroriste. C’est la raison pour laquelle plusieurs internautes ont lancé depuis cette attaque lâche contre le Musée de Bardo, l’initiative « Je serai en Tunisie », qui se veut un geste de solidarité avec le peuple tunisien.

Photo de la fameuse salle de Carthage au Musée Bardo prise par Bernard Gagnon CC BY 3.0 UNESCO

Cette opération terroriste a mis la lumière sur l’état de la défense nationale et la faiblesse des renseignements. Sachant que tous les ingrédients sont là pour des attaques terroristes. Tout d’abord, la situation chaotique en Libye voisine. Ensuite, la transition démocratique qui fait peur aux ennemis de la liberté. Et enfin, le projet d’une loi antiterroriste. Pour terminer, il convient de rappeler que cet attentat doit donner une leçon aux autres pays du Maghreb. Et si le terrorisme se nourrit toujours de la division, l’unité des pays de la région est plus que jamais une nécessité ! Sans oublier la coopération internationale, car on est tous concernés. La barbarie n’a pas de religion, ni de frontière.


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