Un ramadan au goût amer


Le ramadan est passé d’un mois de charité et d’amour d’autrui à un mois où l’emportent l’apologie du djihadisme, l’incitation à la haine, et où les violations des libertés individuelles sont devenues monnaie courante. 

  • Attaques par-ci, fusillades par-là 

Le lundi 6 juin, la Jordanie se réveille avec une attaque terroriste qui a fait cinq morts dans les rangs des services de renseignements jordaniens. Deux jours plus tard, un autre attentat frappe Tel Aviv au cœur. Deux Palestiniens ont ouvert le feu dans un restaurant. Le bilan, quatre personnes mortes et une dizaine de blessés.

La fusillade perpétrée à Tel Aviv est saluée par le mouvement islamiste du Hamas, basé dans la bande de Gaza. Pour le mouvement palestinien, l’opération de Tel Aviv n’est qu’« une réponse naturelle aux crimes israéliens ». Et sur les réseaux sociaux palestiniens et arabes, on a qualifié cette attaque, relayée par le hashtag « l’intifada continue » d’« opération du ramadan ».

La réplique des autorités israéliennes n’a pas tardé. Elles ont suspendu 83 000 permis d’entrée de Palestiniens pour le ramadan. Ainsi, les prêcheurs de haine, très actifs durant ce mois sacré chez les musulmans, ont réussi à empoisonner davantage les relations entre Israéliens et Palestiniens.

Dans un tweet, Aya Ramadan, un membre du Parti des Indigènes, félicite les deux Palestiniens derrière la fusillade de Tel Aviv :

  • Atteintes aux libertés individuelles

Le premier jour du ramadan, deux soi-disant musulmans insultent, puis agressent une serveuse dans un bar à Nice, en France. La raison : elle servait de l’alcool pendant ce mois censé être béni, comme si elle était la seule au monde à servir de l’alcool en plein ramadan. Les bars sont légion même dans des pays dits islamiques.

Certes, une personne sage ne peut pas rendre toute communauté musulmane de France responsable des actes de deux individus. Mais pour le vice-président du Front national, Florian Philippot, l’agression de la serveuse niçoise est une raison de plus que « la France glisse dans l’obscurantisme. »

De toute façon, le jeûne ne peut en aucun cas servir d’alibi pour offenser autrui et, du coup contribuer à ternir l’image de l’islam en Europe et ailleurs, qui est déjà dégradée à la suite des actions du groupe armé État islamique, qui frappe où bon lui semble. La dernière tuerie en date revendiquée par le groupe terroriste en question, la fusillade d’Orlando, qui a fait 50 morts et 53 blessés.

Au Maroc, le Collectif Akaliyat pour la lutte contre la criminalisation et la discrimination des minorités sexuelles et religieuses lance une campagne contre l’article 222 du code pénal marocain, qui punit de six mois de prison ferme et d’une amende allant de 12 à 120 dirhams « toute personne connue de confession musulmane, et qui s’est délibérément affichée rompant le jeûne en public, et en plein jour de ramadan, sans aucun prétexte valable religieusement. »

Pour le Collectif Akaliyat, incarcérer des citoyens pour la simple raison qu’ils ont rompu le jeûne en public, « même s’ils revendiquent leur non-appartenance à la religion musulmane », est une atteinte aux libertés individuelles et, à cet égard, il appelle le royaume chérifien à respecter ses engagements internationaux en matière des droits de l’homme. Et rien que le 13 juin dernier, des éléments de la police ont arrêté deux porteurs de marchands dans un souk dans la ville de Zagora, située dans le sud-est du Maroc, sous l’accusation d’avoir bu de l’eau en plein ramadan.

Les deux hommes ont rompu le jeûne à cause de la fatigue, sachant que la ville de Zagora connait actuellement une importante vague de chaleur à cette période de l’année. Et on est en droit de se demander si le fait de rompre le ramadan – même involontairement – est une raison suffisante pour humilier des citoyens lambda et, de surcroit, les priver de leur liberté.

C’est injuste, inacceptable et inhumain, non ?

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