Sans surprise,l’anglais devient un critère de recrutement des enseignants chercheurs au Maroc

Article : Sans surprise,l’anglais devient un critère de recrutement des enseignants chercheurs au Maroc
26 septembre 2014

Sans surprise,l’anglais devient un critère de recrutement des enseignants chercheurs au Maroc

Lahcen Daoudi,le ministre de l'Enseignement Supérieur
Lahcen Daoudi,le ministre de l’Enseignement Supérieur marocain

Dans une circulaire adressée le 15 septembre dernier au présidents des universités publiques et privées, le ministre marocain chargé de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique et de la formation des cadres, Lahcen Daoudi, souligne l’importance  de l’anglais et l’obligation de prendre en considération la maîtrise de celle-ci comme l’un des critères scientifiques à utiliser lors des prochains concours de recrutement des enseignants chercheurs dans les domaines des sciences techniques, la gestion et l’économie, et la médecine, entre autres domaines.

Le ministre de tutelle a répertorié au début de la circulaire les privilèges de la maîtrise de l’anglais. D’après M. Daoudi, la langue de Shakespeare permet d’accéder par la grande porte au savoir, la connaissance et la technologie. De plus, cette langue est une condition sine qua non pour s’ouvrir sur d’autres universités de renom à travers le monde, et par conséquent nouer avec ces dernières des partenariats win-win fructueuses . Tout ceci dans l’intention d’assurer au système de formation et de la recherche scientifique au Maroc de s’ouvrir sur le monde.

Compte tenu de la déclaration de M. Daoudi en août dernier où il avait déclaré clairement que « celui qui ne parle pas l’anglais n’a pas d’avenir » et que l’anglais sera dorénavant indispensable pour décrocher une bourse d’étude à l’étranger, ce pas de M. Daoudi était très prévu par un bon nombre d’étudiants et professeurs.

Circulaire sur la prise en compte de l'importance l'anglais lors de recrutement des enseignants chercheurs
Circulaire sur la prise en compte de l’importance de l’anglais lors du recrutement des enseignants chercheurs

La fille de 10 ans, Ouissal Idhajji, qui prétend apprendre l’anglais toute seule dans une vidéo intitulée « Une fille qui a appris l’anglais toute seule et qui appelle à l’enseigner dans le cycle primaire » , publiée en août dernier sur sa chaîne YouTube, avait ajouté de l’huile au feu et réveillé les vieux démons entre la classe francophone et une bonne partie des partisans de l’intégration de l’anglais comme langue majeure dans le système éducatif marocain, une langue qu’elle considère comme un rédempteur de la complexité des règles du français, qui a été à un certain moment donné le symbole de la mainmise d’une élite marocaine sur les grands postes au sein des administrations phares du Royaume.

Qu’on le veuille ou non, l’anglais est la langue de ce siècle et le Maroc ne peut être à la remorque des autres pays francophones frères comme la France et le Rwanda, des pays qui ont parié sur l’ouverture sur le monde anglo-saxon pour prospérer et rester connecté au monde. Reste à savoir si la prochaine généralisation de l’anglais, et ceci c’est le prévu, ne va pas toucher d’un iota à la place du français au Maroc comme une langue de culture qu’aucune autre langue ne peut ni remplacer ni parodier.

 

Partagez

Commentaires