Cinema Paradiso : le film qui fait aimer la vie

Article : Cinema Paradiso : le film qui fait aimer la vie
10 février 2015

Cinema Paradiso : le film qui fait aimer la vie

Certes, il va sans dire que les films qui nous aident à mieux vivre sont de plus en plus rares. Or, cela ne doit pas nous empêcher de revisiter les chefs-d’œuvres du 7ème art qui ont traversé les temps sans prendre une seule ride. Dans cet article, nous allons nous focaliser sur un film romantique, nostalgique et qui ne nous laisse pas le public indifférent, Cinema Paradiso.

Affiche du Cinema Paradiso (1989) Crédit image : toutlecine.challenges.fr

Cinema Paradiso , un film de Giuseppe Tornatoreest l’un de ces classiques, moi je les appelle des bijoux, dont on ne se lasse jamais. Car ils nous transportent dans un monde où l’amour est le maître mot et où le cinéma est apprécié à sa juste valeur. En effet, le cinéma pour les compatriotes de Totò, l’enfant phénomène de Cinema Paradiso, est plus qu’une distraction, c’est la priorité des priorités. En d’autres termes, le cinéma coule dans les veines de ces gens modestes qui, malgré la misère et la dureté de la vie, accordent une grande importance à l’art, autre nom de la beauté. Et bien entendu, ces Siciliens n’étaient pas dupes pour sacrifier leur temps et leur argent pour rien. Ainsi, on peut comprendre pourquoi Totò, le surnom de Salvatore alors enfant, a payé du cinéma avec l’argent du lait qu’il devait apporter avec lui. Effectivement, tous les films que fait passer le projectionniste Alfredo valent le coup de rejoindre la foule au Cinema Paradiso, le havre de paix des amoureux et le remède de l’ennui.

Capture d’écran Cinema Paradiso

Totò, tout comme Alfredo le projectionniste, est le Zarathoustra de Nietzsche. Certes, la comparaison peut paraître hyperbolique. Pourtant, les trois personnages sont tous porteurs d’un projet salvateur, voire humaniste. Si Zarathoustra est descendu des montagnes pour enseigner le surhomme à ses compatriotes, Totò et Alfredo, eux, c’est dans la cabine de projection à l’église qu’ils font de leur mieux pour transformer les fantasmes des Siciliens en réalité. On peut dire que tout le souci du projectionniste Alfredo et son petit ami Totò, c’est de satisfaire ces pauvres villageois qui ne demandent que plus du cinéma. C’est pour la même raison qu’ils ont décidé un soir, après la fin de la projection du film Les Pompiers chez les pin up , de faire une deuxième projection du film en question, à l’extérieur du cinéma  paroissiale, Cinema Paradiso, qui se ferme toujours à cette heure-ci.

À gauche, un enfant armé et à droite, le cinéphile Totò.

Il n’est pas difficile de distinguer entre un enfant délinquant et un autre cinéphile dès lors qu’on sait que le cinéma éduque le regard. Effectivement, combien des vies ont été sauvé rien que par cet art que l’humanité doit aux français frères Lumière. Car, comme disait le proverbe , l’oisiveté est la mère de tous les vices. Si, à notre grand regret, bon nombre d’enfants vulnérables dans les zones de tension tombent presque quotidiennement dans les filets des mafias et des groupes terroristes, notre ami Totò, lui, il doit sa délivrance à cette passion qu’on appelle « septième art». C’est la raison pour laquelle il préfère aller au cinéma paroissiale que de faire la messe. Sachant qu’il est enfant de chœur à l’église.

À dire vrai, n’est pas cinéphile qui veut. La sidération des villageois siciliens après la ruine de leur unique cinéma à cause d’un incendie, en témoigne.  Ils se sont demandés comment trouver l’argent pour rebâtir leur cinéma ravagé, qu’était leur seul moyen de divertissement. Et heureusement, Dieu merci, il y a toujours des gens aisés qui sont prêts toujours à soutenir les causes nobles. Sppacafico est l’un d’entre eux, c’est lui qui a pris en charge la reconstruction du cinéma paroissiale, qui a pris cette fois-ci un nouveau nom : Nuovo Cinema Paradiso.

Pour terminer, je peux dire que ce film apporte vraiment de l’eau au moulin de mon ancien professeur de l’audiovisuel à l’université de Marrakech, qui ne cesse de rappeler qu’il aurait pu devenir « un gangster » s’il n’avait pas été sauvé par la magie du cinéma. Et le nombre d’enfants traînant jour et nuit dans nos rues sans avenir, qui consomment atrocement des images pornographiques et violentes, impose de réfléchir à une intégration urgente du cinéma dans nos écoles.

Pourquoi donc priver nos enfants d’un peu de « felicità » (bonheur en italien) qui ne coûte pas cher?

À bon entendeur !

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