Al-Sissi se fout de la gueule de la Révolution égyptienne

Article : Al-Sissi se fout de la gueule de la Révolution égyptienne
31 janvier 2015

Al-Sissi se fout de la gueule de la Révolution égyptienne

Pas moins de 17 manifestants ont trouvé la mort le 25 janvier dernier, à l’occasion de la commémoration de la révolution égyptienne de 2011. L’intervention de la police a été très violente, car les protestataires scandaient des slogans hostiles au pouvoir et tentaient de rejoindre la place Tahrir pour rendre hommage aux « martyrs de la révolution ».

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L’activiste Shaima al-Sabbagh décédée lors des affrontements avec la police égyptienne     Crédit photo : newagebd.net

C’est triste de voir dans un pays comme l’Égypte, à peine libéré du joug de Hosni Moubarak, des policiers, le visage masqué, tiraient sur une manifestation pacifiste. Le pouvoir despotique a du mal à faire le distinguo entre activistes laïcs et islamistes quand il y a mobilisation d’une jeunesse aspirant à un avenir meilleur. La preuve, l’assassinat par balle de la militante Shaima Sabbagh, membre du parti de l’Alliance populaire socialiste. Cette mère de famille de 31 ans est morte parce qu’elle voulait déposer des fleurs place Tahrir.

En revanche, un tribunal égyptien n’a pas hésité de remettre en liberté les deux fils de Hosni Moubarak qui sont accusés d’avoir détourné 10 millions d’euros d’argent public et d’incitation au meurtre de manifestants. Ceci dit, le régime du despote Al-Sissi se fout carrément des sentiments des proches des victimes de la barbarie du président déchu, Moubarak. Pour preuve, on a libéré presque tous ceux qui avaient ordonné à la police de tirer sur les manifestants lors de la révolution du 25 janvier 2011.

Après la normalisation des relations bilatérales entre l’Égypte et  Bachar el Assad, il n’est pas étonnant du tout qu‘une journaliste pro-Sissi fasse l’éloge de l’armée du régime Assad, sur la chaîne allemande DW. Le bilan de la guerre civile en Syrie qui dépasse les 200 000 morts en l’espace de quatre ans en dit long sur l’inhumanité dont a fait montre le régime en question. Sans oublier le nombre des réfugiés syriens qui a atteint 3 millions en 2014, selon le Haut-Commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR).

En 2013, juste après le coup d’État militaire, Abdel Fattah al-Sissi envoie une délégation à Damas pour développer « la coopération sécuritaire » entre les deux pays. L’objectif, lutter contre les terroristes (les Frères musulmans). Même si les rapports des ONG  ont prouvé que Bachar Al Assad est un terroriste comme les autres. Et il paraît que le président Al-Sissi est sur la même voie. Le dernier rapport de Human Rights Watch, publié 29 janvier 2015, en témoigne : les forces de sécurité égyptienne ont recouru à « une force meurtrière excessive pour disperser des manifestations au début de l’année » qui vient de s’écouler.

Dispersion violente d'une manifestation islamiste © AFP
Dispersion violente d’une manifestation islamiste  © AFP

L’organisation américaine a mis également le doigt sur l’impunité des membres de sécurité et du gouvernement. Elle a critiqué le recours massif à la peine de mort et le jugement des civils devant des tribunaux militaires. Concernant les droits humains, Human Rights Watch a dénoncé les violations répétées des libertés d’expression, d’association et de réunion. 

Ce point de vue est aussi partagé par Freedom House et rappelons qu’en 2014, Reporters sans frontières avait déjà attiré l’attention sur la situation en Egypte.

 Al-Sissi doit certainement revoir ses cartes avant qu’il ne soit trop tard. 

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