Maroc : Miss Roses cible des racistes

Article : Maroc : Miss Roses cible des racistes
28 avril 2019

Maroc : Miss Roses cible des racistes

Au mois d’avril, une jeune berbère (amazighe) « brune » a été élue « Reine des roses » à Kelaat Mgouna. Cette ville, située au sud-est du Maroc, abrite chaque année le festival des roses. Mais cette année, l’élection a été secouée par de nombreuses réactions racistes sur le net.

Soukaina Amzil, 23 ans, issue d’une famille berbère modeste, a été la cible d’une vague d’attaques racistes sur les réseaux sociaux dans mon pays, la Maroc. Ces réactions prouvent que le racisme existe bel et bien au royaume chérifien. La raison ? La couleur de la peau de la « Reine des roses » 2019 qui ne plaît pas à certaines personnes… Il faut savoir que cette compétition, qui élit chaque année une jeune fille de la région « Miss Roses », était dominée depuis sa création (il y a 57 ans) par des femmes « blanches ».

En faisant un tel choix, les organisateurs voulaient peut-être envoyer un message de tolérance et casser les codes de sélection de la Reine des roses. Ils voulaient peut-être tout simplement dire que les mentalités sont censées évoluer et qu’une jeune femme à la peau un peu plus « brune » mérite, elle-aussi, de remporter le prestigieux concours, surtout quand elle répond à tous les critères requis (ou au moins à un grand nombre).

Vive la Reine des Roses A bas le racisme

Publiée par Amina Amharech sur Samedi 27 avril 2019

À vrai dire, les organisateurs ne se basent pas uniquement sur le critère de la beauté extérieure pour déterminer qui sera la gagnante parmi une dizaine de candidates. D’autres critères rentrent en comptent parmi lesquels la culture générale, la cueillette des roses etc.

Pourtant, des pages Facebook se sont demandées si Soukaina méritait vraiment d’être nommée Miss Roses. Ces réactions ont été considérées par des activistes marocains comme une atteinte à la dignité de la jeune fille et une menace grave à l’égalité des chances. Cela révèle qu’il y a encore des poches de résistance marocaines au changement des mentalités. Heureusement, car la lutte contre le racisme et la discrimination, c’est notre devoir en tant que citoyens assoiffés d’égalité, de liberté et de démocratie.

Soukaina, c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, car le racisme est malheureusement encore bien encré dans la société marocaine. La question que l’on doit se poser est la suivante : le temps n’est-il pas venu de repenser nos comportements racistes ? Qu’est-ce qui explique de tels comportements ? Pourquoi en est-on encore là aujourd’hui ? Si nous ne nous posons pas de questions, la société marocaine risquerait d’être à la traîne par rapport à d’autres sociétés qui avancent vers plus d’égalité et plus de démocratie…

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