Chaque fille qu’on enseigne est une femme qu’on gagne

Article : Chaque fille qu’on enseigne est une femme qu’on gagne

Chaque fille qu’on enseigne est une femme qu’on gagne

Le 8 mars était toujours une journée unique en son genre au Maroc. Non pas parce que les gens portent un regard rétrospectif sur la situation de la femme, mais parce que la Journée Internationale de la Femme est une aubaine pour les entreprises et les partis politiques. Cette journée permet de se faire un peu de fric supplémentaire et de séduire l’électorat féminin.

Crédit photo : telquel.ma

Qui ne se souvient de ce discours historique à l’ONU de Malala Yousafzai, Prix Nobel de la paix en 2014, où elle a réaffirmé que « l’éducation est la seule solution » pour faire face à l’exploitation des filles, qui seront les femmes du demain. Effectivement, chiffres à l’appui, les femmes qui ont reçu un bon enseignement ont pris les rênes des postes clés et n’ont pas besoin ni des « emmerdeuses », qui font la compagne électorale avant l’heure à leurs maris et proches, ni des Femen qu’elles militent pour leurs droits.

Le dernier classement du magazine Arabian Business des femmes arabes les plus influentes dans le monde, apporte de l’eau à l’idée de Malala. Parmi ces femmes ont figuré quatre marocaines. L’épouse du ministre de l’Agriculture, Salwa Akhannouch, s’est classée à la 8e place. Cela dit, c’est grâce à l’école que ces femmes font parler d’elles et créent l’événement partout dans le monde. Les voici aujourd’hui soit des grandes écrivaines, soit des activistes ou des femmes d’affaires qui se sont imposées contre vents et marées.

Salwa Idrissi Akhannouch © DR
Salwa Idrissi Akhannouch © DR

C’est vraiment écœurant et honteux que des femmes, qui ont pris déjà les commandes des ministères dans le gouvernement marocain, descendent le 8 mars dans les rues pour plaider en faveur des droits de la femme. Et si ces « emmerdeuses » sont des féministes en bonne et due forme, il serait plus pratique, voire utile, qu’elles fiancent des coopératives de femmes luttant chaque jour pour un morceau du pain.

Malheureusement, les vraies militantes œuvrent dans le silence et ne possèdent pas des comptes bancaires à l’étranger ou des appartements dans les quartiers chics de Paris. Et ces nobles militantes ne peuvent pas  traîner dans les rues de Rabat le 8 mars dernier ou prochain, car survivre pour elles est toujours un vrai parcours de combattante. On trouve ces femmes dans les montagnes du Haut Atlas au Maroc et de Djurdjura en Algérie, entre autres. Tout ceci pour dire que n’est pas féministe qui veut et au lieu de crier dans les rues, il serait plus utile que ces soi-disant militantes rejoignent les volontaires dans les montagnes et les campagnes pour éclairer ces pauvres femmes.

Capture d’écran : film Sur le chemin de l’école

C’est drôle que des voix féministes s’élèvent aujourd’hui pour demander le remaniement de la constitution. Sachant qu’elles ont voté en 2011 à la même constitution qu’elles critiquent aujourd’hui. Et on a le droit de se demander s’ils ont vraiment feuilleter ladite constitution ou elles ont seulement voté sans prendre connaissance de son contenu. C’est la raison pour laquelle nous insistons sur la lutte contre le décrochage scolaire des filles et la scolarisation d’un bon nombre de femmes qui n’avaient pas la possibilité de rejoindre les bancs de l’école.

On ne peut pas nier que le Maroc a fait un pas avant en matière de la scolarisation des filles. Cependant, il y a des filles qui passent des heures et des heures pour arriver au lycée. Le documentaire Sur le chemin de l’école de Pascal Plisson, sorti en 2013, en témoigne. Le réalisateur français a essayé de mettre la lumière sur le calvaire d’un nombre important de jeunes filles marocaines qui, conscientes des vertus de l’école, traversent chaque semaine les montagnes de l’Atlas pour atteindre leur internat.

Pour conclure, l’éducation reste une condition sine qua non pour l’émancipation de la femme. Car elle permet à cette dernière de comprendre le monde et de se frayer son propre chemin. Bref, les femmes scolarisées sont vaccinées contre plusieurs travers de la société.

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Commentaires

Ivo Dicarlo
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Absolument...Il faut que cette mentalité soit dans l'esprit des uns et des autres!

Le Jeune Maghrébin
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Le genre de message qui encourage et fait plaisir ! Merci Ivo pour l’intérêt que vous portez au Jeune Maghrébin.

Rima
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Tout à fait. Bravo pour le titre et pour le contenu.
Evidemment, si l'on tient à consacrer une journée à la femme, ça ne doit absolument pas être l'occasion de profiter d'elle, mais bien de la faire profiter de tout ce qui peut l'aider à s'émanciper.

Le Jeune Maghrébin
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On doit apprendre à la femme comment pêcher, l'aider à briller et à s'imposer. Merci Rima pour l’intérêt que vous portez à notre blog!