Inondations au Maroc, le gouvernement Benkirane pointé du doigt

Article : Inondations au Maroc, le gouvernement Benkirane pointé du doigt
25 novembre 2014

Inondations au Maroc, le gouvernement Benkirane pointé du doigt

Des villages isolés, des accidents de route, des dizaines de maisons effondrées, des routes quasiment détruites, 32 morts, 6 personnes portées disparues… Les Marocains font face à la colère de dame Nature. Dans le Sud-Est, la région la plus touchée par les récentes intempéries, la route nationale numéro 9, le passage obligé pour rejoindre le Maroc dit « utile », est détruite à cause des pluies « exceptionnelles » qu’a connes ce coin isolé du Maroc. Et il semble que les responsables à Rabat ont vite oublié qu’au niveau du col Tizi n’Tichka sur la même route, 42 voyageurs avaient trouvé la mort en 2012 lors d’un accident du car  inoubliable.

© goud.ma

Au moment où des dizaines de voyageurs bloqués en raison des inondations s’attendaient à une intervention rapide pour les évacuer, certains ministres marocains ont préféré réagir sur les réseaux sociaux, en donnant des leçons de morale aux Marocains.

Le ministre délégué auprès du ministre de l’Equipement, du Transport et de la Logistique, chargé du Transport, Najib Boulif, publie sur sa page officielle Facebook un message provocateur : « Plusieurs régions de royaume connaissent des pluies, averses et des tempêtes qui ont causé l’inondation de plusieurs vallées, et la difficulté de marcher sur la route nationale 1… Des régions de l’Est-Sud… Zagora, Ouarzazate et Tichka… et dans le sud du royaume, par exemple à Boujdour. Plus de prudence sur les routes… »

© tali24.com

Ce message a rapidement suscité la colère des internautes marocains qui pointent du doigt l’état critique de la plupart des routes. La preuve, le scandale de l’effondrement du pont Taliouine inauguré il y a 4 mois et qui a coûté 19 millions de dirhams.

Même si les responsables se vantent de la mobilisation de deux avions de la compagnie aérienne marocaine (RAM) pour évacuer les touristes et quelques Marocains bloqués à Ouarzazate, le gouvernement Benkirane a déçu bon nombre de gens, car selon eux, il devrait mettre en place une cellule de crise et apporter de l’aide aux sinistrés dès les premières heures.

En attendant Godot, le peuple qui a payé un prix élevé pour remédier au manque d’infrastructures, a compris qu’on est jamais mieux servi que par soi-même dans ce royaume où « les ministres suivent les catastrophes depuis les salles climatisées des réseaux sociaux », pour reprendre les termes d’un utilisateur de Facebook. Il reste à savoir si le gouvernement décrétera au moins un deuil national pour rendre hommage aux victimes des inondations ou plutôt de la nonchalance des autorités.

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